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C´est avec étonnement, voire ébahissement, que nous faisons face à la tradition de l´œuvre riche créée par le père de cloître bénédictin Ernestus Weinrauch. Les compositions du musicien provenent de Donauwörth avaient été tombées dans l´oubli après la sécularisation du monastère en question, jusqu´à ce que les pièces de Weinrauch aient été redécouvertes de nous jours. Toutefois, les chercheurs ne cessent de tomber sur des traces liées à Weinrauch depuis le 19e siècle, des balises faisant hommage à ses activités d´organiste, instructeur et compositeur. Le Père Ernestus est alors évoqué en connexion avec son élève Conradin Creutzer (1780-1849), qui est bien connu aujourd´ hui. Par conséquent, le nom de Weinrauch n´était jamais tout à fait oublié. Cependant, ses compositions doivent leur renaissance entre autres à la tendance par laquelle le monde moderne s´intéresse de plus en plus à une façon de réprésenter des oeuvres musicales selon les pratiques d´époque. Ce courant musical essaie de s´approcher le plus possible à l´ original „historique“, d´autrefois.
Quand les scientifiques s´occupaient des „grands maîtres“ du baroque et du classicisme, ils découvrirent au fur et à mesure d´autres compositeurs qui - à côté de Joh. Seb. Bach, W.A. Mozart et Joseoh Haydn (pour en nommer que les personnages les plus célèbres) – créèrent des œuvres extraordinaires, mais peu connues. Dans notre cas, c´est primordialement grâce aux archives de musique souabes instaurés par le Bade-Wurttemberg que la grande tradition des compositeurs monastiques qui exercaient leur art à la moyenne et la fin du 18e sièce en Haute Souabe était réanimée, si bien que l´on peut de nouveau écouter les productions datant de ce temps.

Ernest Weinrauch est né le 17 octobre 1730 à Doanuwörth en Bavière sous le nom Faustinus. Les connaissances sont floues sur la question de savoir pourquoi Faustinus comme fils aîné du maître-vitrier Joh. Michael Weinrauch entra au Grand Séminaire d´un cloître et n´apprit pas pas le métier de vitrerie à l´instar de son père. Il se peut que son talent muscial particulier était la force décisive qui propulsait son intégration chez les moines bénédictins. Le jeune Weinrauch se décida peut-être lui-même à faire partie de cet ordre, toutefois ses parents auraient pu influencer cette démarche. La dépendance directe du Saint Empire de Nations Romaniques que l´abbaye atteignait en 1750 topait l`autarquie économique et politique que pour l´obtention de laquelle les Bénédictins avaient lutté jusque là. Dans ces conditions, l´art et la science trouvaient un terroir fertile et s´épaouaient de manière somptueuse pour la dernière fois. A Zwiefalten, Ernest Weinrauch vêtait les offices de sous-prieur et membre du chapitre de l´ordre. Comme chef de choral, il se chargeait de la tâche d´emplir de musique les nefs de la cathédrale de Zwiefalten (les édifices d´eglise étaient bâtis à la moitié du 18ème siècle). Au sein de son rayon d´action, les contemporains connaissaient Weinrauch à titre de maître de la technique du contre-point, d´organiste et de compositeur. Le niveau présent des recherches révèle que Weinrauch se dédiait seulement à la musique ecclésiastique.
Le Père Weinrauch est mort le 8 avril 1793 au sein des murs de monastère. L´enregistrement au cadastre des défunts qu´entretient l´Abbaye représente – comme la note au cadastre de baptême – le témoignage le plus digne de foi par rapport à la vie du compositeur. Ilsemble alors favorable de le citer ici au libellé:
Obitus Dom. R P. Ernesti Weinrauch, Man. Zivifalt. Hoc item anno. 9.— apr. Post horam 8™ noctumampie in Domino obüt, Dom. R. P. Ernestus Weinrauch, Donauverdanus; Sub-Prior, et chori Regens per annos 30. et ultra. aetatis 63. a Professione 45. S acerdos 38. Musicus, et Componista insignis; rei inde tarnen superbiens, auf elatus animo; Dilectus Deo et hominibus, de quo vere illud. Qui pius, prudens, humilis, pudicus, sobrius, castus fuit, et quietus, Vita dum praesens vegetavit ejus artus. Obüt, post brevem dierum aliquot aegrotatiomm, exfatali corporis tumore, orto ex sternia aquosa. R. LP.
Il est remarquable dans cet alinéa que le chroniste de cloître évoque non seulement ses fonctions et nomme ses activités artistiques par les désignations de musicien (actif) et compositeur, mais qu´il décrit aussi son caractère. Il doit s´être agi d´une persone populaire (dilectus Deo et hominibus), pieuse, tranquille et discrète. C´est en tout cas ce qu´impliquent les termes comme píus, humilis, pudicus, sobrius, castus, quietus. Il se peut que c´est dans cette réserve que réside une cause pour laquelle – contrairement à nombre de compositeurs monastiques de son époque – il ne faisait imprimer aucune de ses oeuvres. Pourtant, l´impression et édition de ses pièces aurait rendu honneur aussi bien à l´abbaye de Zwiefalten qu´au cellérier qui était alors au pouvoir. La raison pour le manque d´élan qu´ont démontré à cet égard les abbés régnants tout comme le compositeur repose toujours derrière les voils recelant les ténèbres de l´histoire.


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